L’aventure des huiles de Bio Planète a démarré il y a presque 30 ans au cœur de la campagne audoise. À la tête de l’entreprise, Judith Moog concocte une farandole d’huiles différentes, guidée par la recherche de l’excellence et le souci de satisfaire tous les goûts.

La passion des huiles lui vient de loin. Dès son enfance, elle a observé son père embrasser ce métier exigeant, après s’être essayé au maraîchage bio. “Nous sommes au départ des gens de la terre venus d’Allemagne, et nous ne l’oublions pas”, revendique cette femme de tête, toute en discrétion, au débit fluide comme une huile légère. La première huilerie française dédiée à la bio voit ainsi le jour en 1984 dans l’Aude à Bram, sur les contreforts des Pyrénées. À l’époque, le marché français est minuscule, celui de l’Allemagne plus porteur. Notre voisin d’Outre-Rhin reste d’ailleurs le premier client actuel de Bio Planète à l’exportation, qui représente 70 % de son activité.

Judith Moog (à gauche) : “Toutes les huiles sont constamment goûtées et regoûtées pour assurer une qualité gustative hors pair.”

D’abord modeste à ses débuts, la société prend peu à peu ses marques, en pressant la graine de tournesol locale, la première à être triturée à froid. Le soja, cultivé par les producteurs tout proches, est également recherché. Ces deux oléagineux sont restés les espèces phares transformées par l’entreprise, même si la gamme ne cesse de s’élargir, avec l’arachide, le carthame, la noisette, la noix, le sésame, l’amande, le pépin de courge, le coco, l’argan et le colza, huile qui a le vent en poupe. “Nous avons toujours été exigeants sur la matière première, nous ne lésinons pas sur les analyses qui représentent un poste très important, car notre principal souci est de nous démarquer par des huiles bio de très grande qualité, au niveau de la saveur, de la texture et des arômes”, affirme la chef d’entreprise.

Judith Moog tient à choisir des matières premières irréprochables pour une qualité maximale.

Les volumes progressent mais la démarche et le process restent artisanaux, et Bio Planète y tient. “Nous ne pressons qu’une seule fois les graines, avec des presses à vis, afin d’obtenir la meilleure huile. Il est en effet possible de presser le tourteau une deuxième fois pour en extraire encore davantage. Dans ce cas, le rendement est certes meilleur, mais l’huile obtenue est de moins bonne qualité”, révèle-t-elle. Et pour ces huiles de première pression à froid, afin de préserver les nutriments essentiels, Bio Planète surveille de près la température du liquide en sortie de presse : il ne doit pas dépasser 40°C.

Après cette étape, l’huile est filtrée et décante quelques jours pour être à nouveau passée entre les mailles extra-fines d’un papier buvard. Cette deuxième filtration procure des fluides limpides en éliminant notamment la quasi-totalité des cires, présentes naturellement. Certains grains et fruits à coque sont, au préalable de la trituration, légèrement grillés pour accentuer l’intensité de leurs parfums. C’est le must du must… En amont, le tri doit être minutieux pour éliminer toutes les impuretés qui nuiraient au goût. Quant au process de décorticage tenu secret, il fait également partie du savoir-faire exigeant de l’huilerie.

Obsession de la qualité

Plus d’une vingtaine d’analyses sont réalisées sur les graines et sur l’huile.

Ici, la qualité est une obsession. “L’obtenir implique une rigueur de toutes les étapes”, avoue Judith Moog. D’abord, l’achat de la matière première réclame une sélection rigoureuse des fournisseurs et la validation des échantillons proposés, notamment au niveau du goût après des tests. Il faut aussi s’assurer que la livraison concerne la récolte en cours. Des contrôles et analyses sont effectués dès la réception, sur la graine, et aussi sur l’huile obtenue par trituration de tous les échantillons par une mini-presse en laboratoire : ils portent une kyrielle de critères : odeur, goût, humidité, impuretés, acidité oléique, péroxydes, profil des acides gras, vitamine E, résidus, notamment de pesticides, métaux lourds, phtalates, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), sans oublier bien sûr les éventuelles traces d’OGM pour le soja, le colza et le lin… Un critère n’est pas correct et le lot est refusé. Les conditions de stockage doivent ensuite être optimales, au sec. Ce plan de contrôle interne est complété par les audits de l’organisme certificateur qui visite régulièrement le site. “Une surveillance de tous les instants”, précise Judith Moog, qui emploie plus d’une trentaine de salariés.

L’olive des pays

Également soumises à cette batterie d’analyses, les huiles d’olive ne sont pas d’origine française : “la production nationale bio est encore beaucoup trop faible, et les oléiculteurs valorisent davantage les olives de bouche ou leurs huiles en direct”, constate Judith Moog. Venues d’Espagne, d’Italie, de Tunisie, de Crète et du Portugal, les huiles d’olive de Bio Planète, obtenues de manière mécanique par centrifugation, sont toutes sélectionnées avec soin. “De plus, nous valorisons leurs origines locales, pour mettre en avant le pays.

Innover et perfectionner sans cesse, telle est la devise de Bio Planète. “Que ce soit pour les produits essentiels au quotidien, pour les saveurs nouvelles ou les huiles aux propriétés exceptionnelles pour notre santé, l’huilerie cherche constamment à répondre aux attentes des consommateurs.” Pour ce faire, elle investit dans l’outil de production et dans le service Recherche et Développement, car le secteur est novateur, toujours plein de promesses mais déjà concurrentiel… Les mélanges balsamic-olive ou olive-citron illustrent avec succès cette inventivité.

Christine Rivry-Fournier

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Une démarche de partenariat

L’implication de Bio Planète avec ses fournisseurs, en France ou à l’étranger, se consolide au fil des ans, scellé sous le signe Unis et Bio. Pour s’approvisionner en sésame au Burkina Faso, l’huilerie audoise a noué des relations étroites avec une petite entreprise exportatrice basée à Ouagadougou. Des liens de confiance se sont tissés autour de contrats annuels reconductibles et de plannings de production à long terme qui fidélisent et soutiennent les agriculteurs. “Le partenariat avec les agriculteurs est le socle de notre démarche depuis toujours. Nous sommes dépendants d’eux, et ils doivent être correctement rémunérés, c’est une évidence”, précise Judith Moog. D’ailleurs, rappelle-t-elle, “nous étions les premiers à rejoindre le label “Ensemble pour plus de sens”, lancé par le réseau Biocoop, qui signifie une juste rémunération de toute la filière.”

La logique est la même pour les achats des arachides bio en Chine dans la région de Shandong. “En lien avec notre partenaire implanté localement, nous sommes associés au développement social de cette zone”, poursuit la chef d’entreprise. D’ailleurs, cette production est certifiée en commerce équitable, depuis fin 2009, par l’organisme FLO (Fair Trade Labelling Organization). En Tunisie, l’huilerie travaille étroitement avec une petite entreprise familiale de la région Oueslatia : “nous aidons les oléiculteurs non seulement en leur offrant des prix et des débouchés mais aussi en appuyant des projets dans le village de Mansourah”. Au Maroc, l’huilerie s’est engagée auprès d’un partenaire local pour son approvisionnement en huile d’argan : “nous contribuons à améliorer la place sociale et culturelle des femmes berbères du pays”. Une goutte… d’huile bio pour améliorer les rouages économiques trop souvent ignorants de ces réalités locales.

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Innovation : l’importance du flacon

Pour simplifier le choix des consommateurs face à cet éventail d’huiles bio différentes, toutes plus attractives les unes que les autres, Bio Planète a revisité sa gamme. Trois grandes familles ont vu le jour : les huiles Classic pour la cuisine de tous les jours, les huiles Gourmet pour une cuisine fine et créative et enfin les huiles Vitalité, aux qualités nutritionnelles favorables à la santé, notamment grâce aux différents acides gras. “Chaque huile ou mélange d’huiles a sa spécificité, cela permet de mieux guider l’utilisateur”, note Judith Moog.

Bio Planète investit dans l’outil de production et la recherche et développement pour ne cesser d’innover.

Autre amélioration pour coller aux nouveaux besoins et réduire les emballages : l’Oil in Box, “pratique, économique, écologique”, présenté comme un conditionnement optimal, parfaitement adapté aux huiles car il les protège de l’air et de la lumière, gage d’une meilleure conservation. Il existe en 3 litres pour des huiles classiques : olive, tournesol, colza, et pour celle de cuisson désodorisée.