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Des marques comme Nominoë poursuivent l’ambition d’une cosmétique chic et écolo.

Rétrograde, mal ficelée, inesthétique ou baba-cool. Les secrets de beauté bio semblaient, par le passé, interdits du monde brillant de LA cosmétique, celle qui dilate les pupilles. Fortes de ce constat, de nouvelles entités ont voulu démontrer que Bio et Glamour n’étaient pas antinomiques, bien au contraire.

Délaissant les huiles essentielles aux odeurs incommodantes et parfois sources d’allergies, des marques comme Nabioka comme Nominoë poursuivent l’ambition d’une cosmétique chic et écolo. “On essaie de se démarquer par le packaging, le design, afin de donner une image d’élégance, de sobriété, explique Jérémias Martins, co-fondateur de Nominoë. “Sans huiles essentielles ni ajout d’alcool, nous avons réussi à obtenir une texture qui pénètre rapidement, qui ne colle pas, pour un rendu optimum”, explique de son côté Charlotte Reveillère, représentante de Nabioka. “J’ai bien conscience que la cosmétique bio est perçue comme sécuritaire mais n’est pas encore synonyme de plaisir”, avoue cette dernière en constatant que les mamans qui adoptent pour leur bébé une gamme de toilette bio ne changent pas leurs habitudes d’achat personnel. Cependant, cette envie d’habiller l’esthétisme au naturel avec quelques paillettes, pour attirer une clientèle encore sceptique, n’évince pas le véritable atout de la cosmétique bio, à savoir sa naturalité.

Ingrédients d’origine naturelle

Aujourd’hui, plus de 500 marques de cosmétique sont certifiées bio et distribuées sur le marché français. “Des 100 % d’origine naturelle, il en existe une vingtaine, pas plus”, estime Sophie Macheteau, créatrice de l’agence de relations presse MyBeautifulRP. “Beaucoup des produits Cosmebio sont constitués à plus de 99 % d’ingrédients d’origine naturelle !”, rétorque le président de Cosmebio, Samuel Gaborit. “La mention “Pourcentage d’ingrédient d’origine naturellepose question, poursuit Sophie Macheteau. Finalement, on dénature pas mal les choses. Pour ne pas tromper le consommateur, il faut trouver un bon compromis entre innovation et naturalité”. Jusqu’à quand un ingrédient naturel le reste quand on le transforme ? Sachant que la saponification, l’oxydation, la fermentation sont des réactions chimiques dont certaines existent à l’état naturel. Si la dimension artisanale, le “fait main” apportent une réponse, la déontologie joue aussi le rôle de régulateur entre deux extrêmes.

Vers la cosm’éthique

L’éthique est l’un des enjeux majeurs de la cosmétique bio. En témoigne le président de Cosmebio, Samuel Gaborit : “Quand l’association Cosmébio a été créée, en 2002, nous n’étions que 10. On s’est beaucoup attaché aux règles techniques, mettant peu en évidence les ambitions déontologique, sociale ou environnementale de l’association. Désormais, Cosmebio et ses membres veulent s’engager sur ces volets. Il faudrait aller plus loin pour que les entreprises changent vraiment leur mode de fonctionnement”. Les ingrédients végétaux pourraient également être sélectionnés dans l’idée de favoriser la biodiversité. Aujourd’hui, pour qu’un produit soit labellisé Cosmebio, il faut qu’au moins 60 % de la gamme respecte le cahier des charges ad hoc. A l’avenir, sur le modèle de Nature et Progrès, l’association pourrait pousser ses membres afin que 60 % des produits fabriqués par l’entreprise respecte l’ambition bio et écologique de Cosmebio. “Les règles techniques sont importantes, mais le comportement ne l’est pas moins. Il faut, à mon sens, inscrire l’éthique dans le label”, résume Samuel Gaborit.

Gaëlle Poyade