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Habitat

Du soleil dans la cuisine

Ajouté le 15 août 2010

Le four solaire apporte une nourriture saine à des populations sans ressource et parfois isolées.

Avec l’été, place aux repas à l’extérieur et à la convivialité. Mais plutôt que de sortir le traditionnel barbecue au gaz ou au charbon, pourquoi ne pas opter pour un four solaire ? Ludique, écologique et pratique, celui-ci permet d’atteindre une température suffi sante pour cuire la plupart des aliments.

La cuisson solaire utilise une énergie renouvelable et non polluante, participant à la réduction des émissions de CO2 qui infl uent sur le réchauffement climatique. Ce mode de cuisson s’est principalement développé dans les pays du Sud où le soleil est présent une bonne partie de l’année. Selon l’association Bolivia Inti Sud Soleil, plus de 100 000 fours solaires fonctionneraient en Inde et en Chine. Ils remplacent la cuisson au feu de bois là où la ressource est limitée, évitant la corvée de bois et les maladies des yeux et des poumons dues aux fumées. D’où leur intérêt pour limiter la déforestation et la dégradation des sols. “Un cuiseur solaire sauve 100 arbres en 15 ans”, annonce Bolivia Inti Sud Soleil. Autre avantage, ils servent à pasteuriser facilement l’eau potable, pour réduire la contamination bactérienne. Ce mode de cuisson présente également des atouts sous nos latitudes. Sur le plan nutritionnel, d’abord : il cuit sans matière grasse et conserve la valeur nutritive des aliments. En terme de confort aussi : la cuisson solaire réclame peu ou pas d’attention et fonctionne en toute saison, dès lors que le ciel est dégagé et que le soleil est suffi samment haut. Un temps précieux gagné pour mitonner les autres petits plats ou vaquer à d’autres occupations. Certains modèles sont très faciles à transporter, utilisables où et quand vous le souhaitez. Alors pourquoi s’en priver ?

High-tech, le cuiseur parabolique permet d’atteindre des températures très élevées et, par conséquent, de réaliser tout type de cuisson.

Caisson ou parabolique

Il existe plusieurs modèles de cuiseurs solaires :

- le cuiseur en caisson, ou cuiseur boîte, est le système le plus simple et le plus répandu. Il consiste à reproduire l’effet de serre à l’intérieur d’une caisse en bois recouverte d’un double vitrage. Les parois sont isolées et une feuille d’aluminium concentre les rayons du soleil vers la plaque de métal noire disposée au fond de cette caisse. Simple à construire, en bois ou même en carton, ce type de cuiseur permet d’atteindre une température de 130 °C dans les régions les mieux ensoleillées. Il peut donc être utilisé pour faire bouillir de l’eau, réaliser un bain-marie ou même pour cuire directement certains aliments dès que la température atteint 90 °C. Selon Mahel Coppey, chargé de projets éducatifs à l’association Bolivia Inti, “la température n’excède pas 90 °C avec un modèle en carton”. Il n’y a donc pas de risque qu’il s’enfl amme. Le cuiseur-boîte est cependant réservé à des cuissons longues. En cas d’ensoleillement moyen, comptez entre 2 et 3 heures pour la cuisson du riz complet. Afi n d’améliorer les performances, il est possible d’orienter le caisson toutes les 30 à 45 minutes afi n de suivre la course du soleil. Il existe de nombreuses versions de fours solaires en caisson. Certains sont faciles à transporter. D’autres comprennent divers accessoires visant à améliorer les performances. Les prix sont généralement compris entre 250 et 300 euros TTC.

- le cuiseur parabolique, au design très “high-tech”, allie puissance et confort d’utilisation. Il est constitué d’un miroir parabolique en aluminium qui réfl échit les rayons du soleil sur le récipient. Il permet ainsi d’atteindre rapidement des températures très élevées (jusqu’à 200 °C) et de réaliser tous types de cuisson y compris les fritures. La cuisson est évidemment plus rapide. 1 litre d’eau bout en dix minutes en plein soleil. Revers de la médaille : le cuiseur parabolique nécessite une attention plus importante. De plus, il doit être plus régulièrement orienté que le four boîte afi n d’optimiser son fonctionnement. Les prix sont généralement compris entre 350 et 400 euros TTC.

Facile à réaliser, sûr et peu onéreux, le cuiseur en caisson est le modèle le plus répandu.

- Le cuiseur solaire à panneaux combine les deux principes des précédents modèles : concentration de la chaleur et effet de serre. Les panneaux réfl ecteurs renvoient les rayons du soleil vers le sac transparent à l’intérieur duquel se trouve le récipient. Facile à réaliser et peu onéreux, il permet d’atteindre des performances très convenables.

Varier les plaisirs

Avec un peu d’organisation, la cuisson solaire est relativement simple. Un premier essai avec une petite quantité de riz est généralement conseillé car il est très facile de surveiller la cuisson. Le volume d’eau de cuisson doit être le plus faible possible par rapport à la quantité de nourriture. Les légumes, viandes et poissons réclament d’être coupés en petits morceaux pour optimiser le temps de cuisson. Contrairement aux fours traditionnels, l’aspect originel des aliments est conservé puisque la cuisson s’effectue à basse température. La cuisson solaire préserve, par ailleurs, toute la saveur des aliments, le goût de grillé ou de feu de bois en moins, et évite qu’ils ne brûlent. Pour un gain de temps et d’énergie, l’idéal est d’utiliser un récipient peu profond, adapté au volume des aliments à cuire, en acier émaillé noir. Un couvercle en verre permet de surveiller la cuisson sans avoir à ouvrir la cocotte. Les plats en terre cuite, type tajine, sont également très bien adaptés aux fours solaires. Les casseroles en fonte peuvent convenir pour le cuiseur parabolique. Elles conserveront mieux la chaleur. Mais elles nécessitent davantage d’énergie pour monter en température. Les différents types de fours solaires peuvent également servir à la mise en conserve des fruits et éventuellement des légumes. Les viandes et pâtés nécessitent, en revanche, d’atteindre des températures élevées. Quelques inconvénients sont toutefois à signaler : outre le temps de cuisson, il n’est possible de l’utiliser qu’à certains moments de la journée et de l’année. Il ne remplacera donc jamais complètement nos précieuses cuisinières. Mais il se révélera un excellent compagnon des belles journées.

Philippe Guibert

En savoir plus

Aisé à transporter, le cuiseur solaire peut être utilisé en camping ou à l’occasion d’un pique-nique en famille.

- Du soleil dans mon assiette. Un livre de 50 recettes de cuisson solaire et écologique pour découvrir cette cuisine merveilleuse pratiquée avec les mêmes outils que ceux diffusés au Sud. Publié et distribué par l’association Bolivia Inti Sud Soleil. Disponible sur http://www.boliviainti-sudsoleil.org.

- L’association Solar Cooking met à disposition du public des plans pour réaliser soi-même un cuiseur solaire ainsi que des photos, documents, recettes, etc. Certaines informations sont disponibles en français sur http://solarcooking.org/

- La cuisson solaire pour débutant de Roger Bernard aux Éditions Eyrolles.

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