Conséquence directe de la catastrophe de Fukushima, survenue le 11 mars dernier : le gouvernement allemand a décidé d’accélérer la transition énergétique de son pays et de sortir du nucléaire d’ici 2022. Huit des plus anciens réacteurs du pays, arrêtés au lendemain de l’accident japonais, seront démontés. Les neuf autres seront mis hors service les uns après les autres. Outre-Rhin, 22 % de l’électricité produite est d’origine nucléaire : il faudra donc trouver d’autres sources d’énergie, sans recourir à des importations de courant d’origine française – et nucléaire. Misera-t-on sur les centrales à charbon, très polluantes, qui produisent aujourd’hui 43 % de l’électricité allemande ? Sur les centrales à gaz (13 % de l’électricité) ? Sur les énergies renouvelables (17 %), et notamment sur l’éolien offshore ? La chancelière prévoit d’augmenter la part de ces énergies vertes (éolien, hydraulique, biomasse, photovoltaïque) à 35 % en 2020 et à 80 % en 2050. Elle entend aussi améliorer l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment et de l’industrie, rendre les réseaux électriques plus performants et ainsi, réduire les consommations de 10 % à l’horizon 2020. Irréalisable ? Quand certains se demandent à quel prix cette transition se fera, d’autres pensent au coût trop rarement pris en compte du nucléaire : le stockage des déchets radioactifs, pour lequel l’Allemagne cherche d’ailleurs toujours un site adéquat…