Économe, beau en toute saison et surtout avec un minimum d’entretien, le jardin de vivaces a de quoi séduire. À l’heure où les villes font de plus en plus le choix de la plate-bande perpétuelle, pourquoi ne pas s’y mettre chez soi ?

Les plantes vivaces ou pérennes englobent toutes les espèces qui restent d’une année sur l’autre. Il peut s’agir de celles qui renaissent chaque printemps, ont un feuillage persistant, meurent en laissant des graines pour l’année suivante ou encore les bulbes et les arbustes. L’avantage qui vient en premier à l’esprit, c’est l’économie. Pas besoin de racheter ou de semer chaque année pour replanter son jardin ou ses plates-bandes. Mais au-delà de l’intérêt pécuniaire, il s’agit aussi d’une économie de temps, en faisant les bons choix qui réduisent l’entretien au minimum.

L’emplacement d’abord : bien connaître le terrain, son exposition et observer ce qui s’y plaît naturellement. La sélection des variétés ensuite : les plantes qui poussent dans la nature près de chez vous sont un bon indicateur. N’hésitez pas à aller faire un tour dans les bois, forêts et prairies pour repérer des espèces locales qui ne demandent aucune intervention.

L’imaginer sur papier ou sur place

Le moment de planter — de préférence à l’automne (septembre à novembre) ou au printemps (mars à mai), pour faciliter la reprise de racines —va arriver. Il est l’heure de jouer les architectes paysagers en prenant papier et crayons de couleur pour dessiner la composition. Si le dessin n’est pas votre fort, rendez-vous sur le terrain avec les plants et quelques instruments trouvés çà et là : tuyau d’arrosage, planches… pour dessiner à même le sol les formes et tester les emplacements des pots.

Quels sont les paramètres à étudier ? Les couleurs tout d’abord. Les palettes sont très riches, alors tout est possible : la thématique peut se faire autour d’une couleur, d’un ensemble chaud ou froid, ou d’un dégradé de vert des feuillages. La hauteur des plantes a aussi son importance. Il n’est pas nécessaire de se limiter à la photo de classe (les grands derrière, les petits devant), mais il faut justement varier. Ensuite, l’esthétique se joue aussi sur les volumes, en misant notamment sur la composition des feuillages : leur forme et l’évolution éventuelle de leur couleur à travers les saisons. Il faut aussi tenir compte de la croissance de chaque plante et envisager l’espace pour plusieurs années.

Le jardin de vivaces se pense aussi sur quatre saisons. Selon la période, les plantes doivent fleurir en alternance : bulbes au printemps, floraisons tardives… Les plantes au feuillage persistant et celles qui sèchent en conservant leurs formes se chargeront de fournir un environnement esthétique — même en hiver — et surtout par temps de gel ou de neige.

Réaménager son jardin de vivaces

Difficile de faire les bons choix d’un coup de crayon (ou d’œil…), alors pourquoi ne pas revoir sa copie en réorganisant l’espace. L’espacement reste un peu trop lâche, aéré ? Il faut alors compléter la composition, pourquoi pas avec un couvre-sol ou des graminées qui se sèmeront à nouveau d’année en année pour apporter du volume et du mouvement à l’ensemble. Une plante qui ne s’adapte pas, souffre ou nuit à l’esthétique de l’ensemble peut être simplement recyclée en la déplaçant ailleurs. Une autre peut aussi s’étaler un peu trop au fil du temps. Il est alors préférable de la diviser tous les deux ou trois ans. Que faire des plants ainsi récupérés ? Créer une nouvelle composition ou en faire profiter un voisin.

Christine Raout

 

Un potager vivace !

Les formes, les couleurs… mais aussi les parfums ! De nombreuses plantes aromatiques sont pérennes. Thym, romarin, sauge, laurier, estragon, le plaisir se prolonge jusque dans l’assiette. Ail, ciboulette et oseille, eux, disparaissent en hiver pour revenir au printemps.

Après, pourquoi ne pas compléter par des variétés moins répandues dans le jardin comme dans la cuisine. Le calament aux feuilles gris vert et aux fleurs roses remplacerait la menthe, tout comme le népète (ou herbe aux chats) facile à cultiver. Le cerfeuil musqué, au goût plus prononcé que son cousin, est, contrairement à lui, vivace. Le fenouil donnera de la prestance à la composition à travers les saisons et les grains, feuilles et bulbes s’accommoderont en cuisine. La livèche, au goût plus fort que le céleri, parfumera potages et sauces. La guimauve aux fleurs rose pâle est résistante et ses feuilles se dégustent cuites ou en salade pour les plus tendres.